Gilbert À Arkham


Gilbert Gallerne ne vous dit peut-être pas grand chose..., moi non plus. Par contre, Gilles Bergal, le pseudonyme de Gilbert Gallerne vous dit quelque chose? Lui, je le connais!
J'ai connu Gilles Bergal à lépoque de la revue Fantastika vers les années 80. Par la suite, j'ai pu découvrir son talent pour l'horreur dans la défunte collection GORE, et par la suite le merveilleux recueil Créatures des ténèbres.

Gilbert Gallerne a assassiné récemment Gilles Bergal, tout comme Thad Beaumont l'avait fait avec George Stark, et tout comme le fera l'Oncle Cthandré avec André Lejeune.

Sans plus tarder, allons voir ce que Gilbert Gallerne a de bon à nous dire...



(Horrifique)
Parlez-nous un peu de vous...


(Gilbert Gallerne)
J'ai quarante ans, je suis marié et j'ai trois enfants. Ne pouvant me permettre de vivre de ma plume, je gagne ma vie en travaillant dans une banque.


(Horrifique)
Pourquoi le pseudo de Gilles Bergal, et pourquoi revenir sur votre nom aujourd'hui?


(Gilbert Gallerne)
A l'origine, le pseudo m'a servi à me cacher. Travaillant dans une banque, je désirais passer cadre afin de toucher un salaire décent. J'avais le sentiment (qu'aujourd'hui encore je crois justifié) qu'écrire des histoires de martiens ou de vampires pourraient nuire à mon avancement. Et ce d'autant plus que je n'arrivais pas à publier de romans, ce qui en France est le seul moyen d'être reconnu comme un véritable -écrivain-. Lorsque j'ai publié mes premiers romans, j'aidonc eu le sentiment d'avoir franchi une étape: je pouvais prétendre au statut d'écrivain. Entre temps, le pseudonyme m'tait devenu insupportable. J'avais l'impression de mener une double vie avec tous les inconvénients que cela suppose, sans vraiment en tirer d'avantages. J'étais passé cadre en 83 et le pseudo ne se justifiait donc plus à ce niveau. Peu à peu, les gens dans la banque apprenaient que j'écrivais et j'en tirais un certain prestige. Puis, en 92, j'ai failli publier un roman en grand format. Un thriller. Ce qui n'était pas pensable jusqu'à présent (signatures, passages télé...)devenait envisageable. Il paraissait difficile de concilier l'anonymat au niveau personnel et le travail de promotion qui allait devenir une partie intégrante de mon activité d'écrivain. Par ailleurs, ce passage au grand format était l'occasion de franchir une nouvelle étape. J'ai donc décidé de publier ce roman sous mon véritable nom et d'abandonner le pseudo. A la même époque, j'ai signé un contrat avec le Fleuve Noir pour écrire EDWARD GEIN, LE PSYCHO.Il était logique que je me serve également de mon véritable patronyme. Après quoi la collection qui devait publier mon thriller a disparu (c'était juste après la guerre du golfe, les libraires français retournaient les livres avant de les recevoir et les petits éditeurs avaient les plus grandes peines à survivre). Mon thriller est passé aux oubliettes (d'où il ressortira un jour, j'ai bon espoir sur ce plan) mais entre
temps GEIN était sorti sous le nom de Gallerne. Le suivant, SACRIFICES HUMAINS A MATAMOROS a également été publié sous ce nom, de même que les nouvelles et articles que j'ai publiés depuis lors. Je pense avoir réussi la transition en douceur: de toute façon Bergal n'était pas encore assez connu pour que changer de nom me cause un préjudice irréparable.


(Horrifique)
Vous reconnaissez-vous avant tout comme un écrivain d'horreur ou fantastique?


(Gilbert Gallerne)
Non. Plus maintenant. C'était le cas il y a deux ou trois ans. Mais j'essaie à présent d'écrire des livres plus ambitieux et qui n'appartiennent pas à un genre précis. Un peu comme ce que fait Koontz, dont je suis la carrière avec intérêt. Par exemple, je travaille actuellement sur un thriller, TEDDY EST DE RETOUR, qui ne comporte pas le moindre élément fantastique. Un autre est en préparation pour lequel c'est la même chose. Mais j'en ai également deux d'entamés dans lesquels il y a un élément fantastique qui joue un rôle important. Donc je n'ai pas abandonné le genre. Ceci étant, je pense que l'horreur, ou la terreur pour reprendre des distinction subtiles qui ne veulent pas toujours dire grand chose, continuera à jouer un rôle important dans mes livres.


(Horrifique)
Quelles sont les frontières de l'horreur et du fantastique?


(Gilbert Gallerne)
Le fantastique a recours au surnaturel, alors que l'horreur peut s'en passer (voir par exemple LE SILENCE DES AGNEAUX, CUJO ou GERALD'S GAME). Ce sont deux genres qui se touchent et se croisent souvent, mais pas obligatoirement.


(Horrifique)
Touchez-vous à la SF?


(Gilbert Gallerne)
Plus maintenant. J'ai publié quelques nouvelles de SF il y a longtemps de cela, et un roman en deux volumes en 88: LE CLONE TRISTE et LE RIRE DU CLONE sous le nom de Milan. C'était l'époque où je venais de vendre deux gores au Fleuve Noir et dans l'euphorie du moment j'envisageais de passer professionnel à plein temps, et de gagner ma vie en écrivant de la SF qui offrait plus de débouchés. C'est la raison pour laquelle j'ai pris un second pseudo: pour éviter que les lecteurs ne fassent la confusion entre mes bouquins de SF à venir (que je considérais comme alimentaires) et le fantastique auquel je comptais consacrer mes efforts les plus sérieux. Puis la direction de Fleuve Noir a changé j'ai eu des mots avec les nouvelles venues et mes projets sont tombé à l'eau. Ce qui n'est sans doute plus mal car j'aurais eu beaucoup de mal à survivre en n'écrivant que des Fleuve Noir.


(Horrifique)
Est-ce plus simple d'écrire du fantastique
ou de la SF?


(Gilbert Gallerne)
Difficile question. Je ne pense pas qu'il
y ait quoi que ce soit de simple à écrire. En fait on écrit plutôt ce vers quoi on est naturellement poussé. J'ai participé un jour à un débat sur Lovecraft, et un membre de l'assistance demandait pourquoi il n'avait écrit que des histoires d'horreur, et pas d'histoires d'amour par exemple. Je crois qu'on n'a guère le choix et pour reprendre l'exemple que j'avais donné à l'époque, c'est un peu comme cultiver un champ. Votre terre est destinée à produire certaines choses,
on ne peut pas y faire pousser autre chose. Sinon tout le monde écrirait des SAS ou des romans à la Sulitzer le temps de se faire un maximum de fric, avant de revenir à des sujets pour lesquels on se sent plus concerné.


(Horrifique)
Connaissez-vous les raisons qui ont poussé Juliette Raabe à cesser la collection Gore chez Fleuve Noir?


(Gilbert Gallerne)
Ce n'est pas Juliette Raabe qui a décidé d'arrêter: si la décision lui avait appartenu la collection existerait toujours. Il parait qu'un des dirigeants des Presses de la Cité est passé par hasard devant un kiosque où se trouvaient des Gores. C'est ce qu'on appelle avoir de la chance, parce qu'ils étaient très mal distribués! Toujours est-il qu'il aurait fait un bond en découvrant les couvertures. Il a pris les bouquins pour lire ce que c'était et décidé qu'il fallait arrêter ça. A vrai dire, je comprends un peu sa décision. Le phénomène -gore- était trop réducteur à un seul aspect de l'horreur. Il est dommage que le Fleuve n'ait pas créé une véritable collection pour accueillir des romans de qualité. On aurait très bien pu avoir au Fleuve Noir une collection qui aurait été l'équivalent français de Terreur, que dirige Patrice Duvic chez Presses Pocket. Le fantastique intéresse les auteurs français: ils sont tous passés en Gore, ou presque. Il aurait suffi de créer une bonne collection, en leur indiquant quels genre de livres on voulait obtenir et je suis persuadé qu'on aurait pu obtenir des ouvrages de la qualité des meilleurs romans de SF de la collection Anticipation, qui a tout de même compté quelques excellents romans.


(Horrifique)
Dans "Autopsie d'une collection, le bel effet gore", aviez-vous été approché pour faire partie de la distribution?


(Gilbert Gallerne)
Non. J'ai découvert l'existence de ce volume en le voyant à la FNAC.


(Horrifique)
Avez-vous tenté d'écrire un roman style gore pour la collection Siry?


(Horrifique)
Oui. Il était même programmé dans les dix premiers. Ça s'appelait LA NUIT DES HOMMES LOUPS et j'y reprenais le personnage de Coogan que l'on trouvait dans CAUCHEMAR A STATEN ISLAND. La collection a disparu trop vite pour qu'il soit publié. Daniel Riche m'avait également repris AMOK, qu'il avait programmé en Gore juste avant son départ et que l'on avait supprimé du programme de publication un mois avant parution. Ça avait été une des raisons de mon différent avec la direction du Fleuve à lépoque. Par la suite, Juliette Raabe avait de nouveau accepté AMOK qui devait paraître en avril, mais un roman basé sur la Roumanie (c'était l'époque de la -révolution- en Roumanie) m'avait grillé la place. Il devait sortir en septembre ou octobre, mais la collection a arrêtée en juillet.


(Horrifique)
Quels sont les ingrédients pour faire une bonne histoire d'horreur?


(Gilbert Gallerne)
Un bon suspense. Mais le bon suspense repose sur la crainte que l'on éprouve pour les personnages. Il faut donc bien travailler ses personnages (c'est ce qui fait la force de King). Et la menace qui pèse sur ces personnages doit être hors du commun. Pour le reste il faut du talent... et du style. L'horreur repose en effet en grande partie sur les sentiments que l'auteur peut faire passer à ses lecteurs. Contrairement àla science-fiction, par exemple, ou d'excellentes idées peuvent faire passer un style abominable ou des personnages en deux dimensions, horreur repose sur la crainte que le lecteur va éprouver pour les personnages. Il faut donc que les personnages soient crédibles (qui aurait peur pour un personnage en carton-pâte?) et que le style de l'auteur permette de convoyer d'une manière diffuse une impression de malaise.


(Horrifique)
Avec toute l'expérience que vous avez acquise au cours des années, ne vous est-il jamais arrivé de penser à créer votre propre maison d'édition ou devenir anthologiste comme beaucoup d'écrivains le font aux États-Unis?


(Gilebert Gallerne)
Créer ma propre maison d'édition est un vieux rêve, mais ça le restera. Il faut des capitaux trop importants, que je suis loin d'avoir. Pour ce qui est de diriger des anthologies, cela m'aurait intéressé il y a quelques années. J'avais approché divers éditeurs avec des projets principalement basés sur des nouvelles anglo-saxonnes, mais ça n'intéressait personne. A présent je n'aurais plus le temps de m'en occuper. Et le travail d'anthologiste me semble un peu vain au niveau du développement personnel, pour un écrivain: le temps que l'on passe à sélectionner les nouvelles des autres on ne le passe pas à écrire. C'est un peu le même problème pour lesécrivains qui deviennent directeur de collection: ils n'ont plus le temps d'écrire, et s'ils prennent leur travail à coeur et font retravailler certains livres ils ont l'impression d'écrire et ça leur suffit alors que tout le mérite revient à l'auteur en fin de compte.


(Horrifique)
Comment se portent l'horreur et le fantastique en France?


(Gilbert Gallerne)
Mal pour les auteurs locaux qui manquent de débouchés. Mais on trouve tout de même trois collections régulières (J'ai Lu, Pocket, et Albin Michel) qui accueillent les anglo-saxons. Le problème des français est toujours le même: on leur demande d'être au niveau des meilleurs anglo-saxons, sans leur donner la possibilité de se développer. On oublie un peu vite que Mc Cammon a publié trois bouquins nuls au début de sa carrière, et que Koontz a derrière lui une cinquantaine de titres dont seuls les derniers ont été publiés en France. On manque en France de collections de base qui permettraient aux jeunes de se faire la main avant de passer à des ouvrages plus ambitieux. Le Fleuve Noir remplissait ce rôle en science-fiction mais du côté; du fantastique la politique est extrêmement erratique: les collections disparaissaient sitôt créées, et lorsqu'elles perdurent un peu comme ce fut le cas pour Gore elles sont tellement calibrées qu'on ne peut pas y évoluer. Actuellement il existe une collection baptisée Frayeurs qui vient de voir le jour. Elle est dirigée par Jean Rollin, le cinéaste. Le problème est qu'il s'agit de petits livres (de l'ordre de 225 000 signes environ) qui sont très mal payés. Ce n'est pas avec ce genre de débouchés qu'on peut espérer attirer des écrivains confirmés


(Horrifique)
Comment est venue votre passion décrivain?


(Gilbert Gallerne)
Je suis né avec. J'ai commencé à écrire des histoires dès que j'ai su tenir un crayon.


(Horrifique)
Que pensez-vous du succès phénoménal de Stephen King? Y va-t-on un peu fort? Croyez-vous qu'il y a des écrivains qui mériteraient plus d'attention?


(Gilbert Gallerne)
King a eu le mérite d'ouvrir la porte à tous les autres et pour cela il mérite d'être sanctifié. Je trouve cependant qu'il vieillit mal. Son dernier grand livre était PET SEMATARY, à mon sens. Depuis il a publié quelques titres intéressants (MISERY) mais qui n'étaient pas du niveau de ses premières tentatives dans le genre. Il est arrivé à un stade où on n'ose plus rien lui dire, de peur de tuer la poule aux oeufs d'or. Pourtant, Dieu sait si certains de ses livres mériteraient d'être remaniés. Dans THE TOMMYKNOCKERS, par exemple, il nous explique pendant tout le roman que les seuls humains insensibles au pouvoir des extra-terrestres sont ceux qui ont du métal dans la tête, le métal les isolants des radiations. Et quand ses valeureux défenseurs de la Terre attaquent la base extra-terrestre, la seule façon dont ils se protègent c'est en respirant de l'oxygène! Le port d'un casque métallique me semblerait plus indiqué! Je n'ai pas terminé NEEDFUL THINGS, qui est un délayage sur sept cents pages de ce que Richard Matheson avait magistralement traité en une dizaine! Les trente dernères pages de GERALD'S GAME sont inutiles et vu l'épaisseur du livre on peut se demander si elles n'ont pas été rajoutées uniquement pour faire du poids. Je n'ai pas encore lu INSOMNIA. Mais il est sur mes étagères depuis plus d'un mois et j'ai lu plusieurs livres entre temps. Autrefois, j'ouvrais le dernier King avant même d'être arrivé chez moi.
La seconde partie de la question est ambigüe: signifie-t-elle -plus d'attention que -? Auquel cas la réponse est non. Son succès est tellement phénoménal qu'on ne peut pas dire que tel ou tel écrivain mériterait un succès équivalent. Par contre, sur le chapitre des écrivains qui mériteraient plus d'attention il y a certains noms qui montent actuellement parmi lesquels je placerais Stephen Gallagher, Joe R. Lansdale et Robert Mc Cammon notamment. Mais ils arriveront tous les trois (et je crois que c'est déjà le cas pour McCammon) au succès qu'ils méritent. Ce n'est qu'une question de temps. Peut-être leur faudrait-il une bonne adaptation cinématographique, comme CARRIE l'a été pour King?


(Horrifique)
L'horreur a-t-elle évolué depuis l'époque de Poe?


(Gilbert Gallerne)
Répondre non serait méconnaître grandement l'histoire du genre. Si les peurs fondamentales sont restées les mêmes (peur de la mort, de la maladie, de la perte de ceux qui vous sont chers...), la façon de les traiter a grandement évoluée. Lovecraft a influencé des générations d'écrivains bien que lui-même n'ait pas été très bon. Mais il avait une imagination qui compensait largement ses défauts stylistiques. Après lui, des gens comme Matheson, Rod Sterling, Charles Beaumont ont épuré le genre et créé un style neuf qui introduisait l'horreur dans le quotidien. King lui-même a grandement fait évoluer la situation en démontrant qu'on pouvait écrire des gros romans d'horreur qui tenaient la route sur plusieurs centaines de pages, et en accentuant le travail de ses précurseurs: l'horreur n'avait plus besoin de se situer dans un château délabré quelque part sur des landes noyées sous le brouillard. N'importe quoi pouvait arriver dans n'importe quelle petite ville américaine... Quant à Barker, le dernier arrivé sur le devant de la scène, il a retourné le genre en montrant que le monstre pouvait avoir le beau rôle, et que le gore pouvait avoir une fonction et une utilité esthétique dans le récit d'horreur.


(Horrifique)
Quels sont vos projets?


(Gilbert Gallerne)
Je viens de terminer un polar et un court roman fantastique qui font actuellement le tour des éditeurs parisiens. Je mets la dernière main à un roman intitulé VAMPYRE qui se situe à la limite du fantastique. Je devrais le terminer d'ici la fin de l'année. Après quoi je compte finir TEDDY EST DE RETOUR, dont la première version est déjà rédigée. Ensuite viendra certainement PASSIONNEMENT,A LA FOLIE..., un autre thriller sans recours au surnaturel dont le plan est déjà prêt. Puis deux romans entamés mais pour lesquels je dois tout reprendre à zéro, et notamment faire un plan. En ce qui concerne le fantastique, j'ai un roman à paraître dans une nouvelle collection dirigée par Daniel Riche au Fleuve Noir. Ça s'appellera LES FILS DU TYRANOSAURE et ça devrait être le premier d'une série d'aventures fantastiques.


(Horrifique)
Quel conseil donneriez-vous à un écrivain qui débute dans les histoires d'épouvantes?


(Gilbert Gallerne)
La première règle quand on veut épouvanter les autres, c'est d'être capable de se faire peur à soi-même. Le plus simple pour un auteur est donc de traiter des sujets qui correspondent à ses propres peurs. La seconde est que tout ce qui n'est pas fantastique dans l'histoire doit être ancré dans le réel. En racontant une histoire totalement-vraie-, à un détail près, vous faites avaler le côté irréaliste à vos lecteurs beaucoup plus facilement que si votre récit est bourré d'invraisemblances. C'est ce qui fait la force de Stephen King: ses histoires arrivent à des gens ordinaires, dans un environnement ordinaire. Parmi ces sujets, il vaut mieux éviter d'user des vieux thèmes comme le vampire ou le loup garou, ou alors pour les retourner ou les aborder d'un oeil neuf. Il vaut mieux chercher des sujets contemporains. Et pour se tenir au courant, il faut lire beaucoup, à la fois dans le genre pour savoir ce qui a déjà été fait (on a souventtendance à réinventer l'eau chaude quand on écrit dans un genre sans le connaître), et à l'extérieur du genre pour une -cross-fertilisation- tant au niveau de l'écriture qu'en ce qui concerne l'étude des personnages ou la complexité de l'intrigue.


(Horrifique)
Quels sont les écrivains anglo-saxon que vous estimez beaucoup aujourd'hui?


(Gilbert Gallerne)
Je continue malgré tout de lire King (pour combien de temps encore?) et je lis régulièrement Dean R. Koontz que je trouve très inégal. Comme je ne suis pas d'accord avec le feed-back qu'il obtient de ses lecteurs américains (j'ai trouvé Midnight nul, par exemple) je crains qu'il ne continue de m'imposer des bouquins médiocres à côté d'autres excellents (mais le moyen de faire le tri avant de les avoir lus?). Un aspect qui m'horripile particulièrement chez lui, outre son côté curé, c'est quand il essaie de faire -cute- en faisant parler des chiens ou des gosses qui sont toujours des modèles de bonnes éducation. Son humour également peut être particulièrement lourd. Mais là encore, c'est un plus pour son public américain (dont on sait qu'il est particulièrement lourd, lui aussi). Robert Mc Cammon a atteint un sommet avec USHER'S PASSING et depuis lors ses livres sont tous intéressants. J'ai été un peu déçu par GONE SOUTH que je trouve invraisemblable par endroits (notamment lorsque trois personnes réussissent à anéantir une base bourrée de truands armés jusqu'aux dents, sans qu'aucun des trois n'y laisse la peau) mais BOY'S LIFE qui l'avait précédé est un roman fabuleux. Parmi ceux qui montent, Stephen Gallagher a atteint un sommet avec NIGHTMARE, WITH ANGEL et devrait nous donner à l'avenir des bouquins qui feront date. Quant à Joe Lansdale, ses nouvelles sont de purs joyaux et ses romans toujours intéressants... et très drôles, ce qui ne gâche rien. Enfin, un nom qui surprendra peut-être vos lecteurs: John Irving. L'un de ses romans au moins est un conte fantastique: A PRAYER FOR OWEN MEANY. Les autres sont tous intéressants mais également extrêmement déprimants: quand on lit un roman comme les siens, on se demande pourquoi on continue à écrire.


Horrifique remercie beaucoup Gilbert Gallerne de cette intéressante interview.
IA! IA! WRUGE USGHT OGRHU!


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